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 Nobody knows

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Benkei
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MessageSujet: Nobody knows   Mer 12 Jan 2005 - 11:29

Nobody Knows
aka Daremo Shiranai | Un film de Hirokazu Kore-Eda | Japon | 2003 | Avec Yagira Yuuya, Kitaura Ayu, Kimura Hiei, Shimizu Momoko, You, Kan Hanae sur nos écrans le 10 novembre 2004




Le quatrième long-métrage d’Hirokazu Kore-Eda, cinéaste de la disparition, filme la déshérence de l’enfance avec une justesse et une tendresse infinie. Décrivant la vie quotidienne de quatre enfants abandonnés par leur mère dans un appartement de Tokyo, il interroge notre rapport à la mort, à l’enfance et à la culpabilité, tout en livrant un regard amer sur notre société de l’indifférence.


Lorsqu’ils emménagent dans leur nouvel appartement, au coeur d’une banlieue de la fourmilière tokyoïte, les quatre enfants de Keiko, prennent leurs marques et recréent la chaleur du foyer familial autour d’un premier repas partagé en famille. Les règles de vie à respecter pendant l’absence d’une mère instable et désinvolte, sont édictées sous le regard consciencieux d’Akira, l’aîné ; héritant rapidement de la responsabilité de chef de famille. Les trois autres enfants, dont les voisins ignorent l’existence même, sont confinés dans l’appartement, Akira veillant à l’approvisionnement et à l’organisation de la vie du foyer, pendant les absences de plus en plus longues de la mère. Un jour, l’aîné reçoit un mot de Keiko lui demandant de s’occuper de ses frères et soeurs. Abandonnés par leur mère, une nouvelle vie s’installe, où les enfants, livrés à eux-mêmes, vont s’organiser pour survivre. Confrontés au monde extérieur, leur fragile unité en sera bouleversée.

S’inspirant d’un fait divers [1], Kore-Eda s’attache à montrer l’intimité entre frères et soeurs à travers une approche brouillant les cartes entre documentaire et fiction. Refusant de s’appesantir sur le côté tragique de la situation, il s’intéresse au contraire, aux sentiments des enfants et à la richesse de leur vie. La caméra, abolissant toute distance avec le sujet, pénètre au coeur de l’intimité du cocon familial. Dans un monde ou coexistent bonheur, douceur et liberté, Kore-Eda s’émeut des gestes quotidiens les plus insignifiants. Une tâche de vernis à ongle, un piano miniature, une boîte de chocolats... le moindre objet prend vie dans les mains des enfants et devient source d’émotion et de tendresse. La caméra s’attardant de façon récurrente, parfois jusqu’à l’obsession, sur ces petites mains, dont les gestes traduisent une vie intérieure imperceptible à l’adulte - mais non moins féconde - , suppléant à la verbalisation des émotions humaines. Ces mains seront aussi témoins du temps qui passe et de l’inexorable chute de la petite communauté.

L’utilisation du lieu clos, occupant les trois-quarts du récit, est un autre élément clé du cinéma de Kore-Eda. Du studio de cinéma d’Afterlife, à la cabane dans la forêt de Distance, il sait comme nul autre filmer l’isolement. Ici, l’appartement est autant un lieu protecteur, qu’une métaphore de l’aliénation entre le monde de l’enfance et le monde adulte, symbolisé par l’extérieur. Les concepts d’uchi (extérieur) et de soto (intérieur) étant des composants essentiels et fondateurs de la culture japonaise du groupe et de l’unité. Akira, en tant qu’aîné est responsable de cette unité. Mais sa fragilité corruptible le poussera à se laisser influencer par ses jeunes camarades rencontrés à la supérette. Les invitants dans l’appartement pour partager ses jeux, afin de combler sa solitude et son besoin d’exister, les jeunes perturbent la vie du foyer, risquant d’en faire imploser l’union. Akira, sur le point de commettre un vol pour imiter ses compagnons de jeu, s’avisera à temps, réalisant du même coup l’importance de cette unité pour la survie du groupe, mais faisant du même coup l’amer constat des préjugés sociaux.

Au fur et à mesure que le petit cocon lutte pour survivre et se dirige imperceptiblement vers le drame, le film prend une allure de conte méditatif sur l’apprentissage. Ne pouvant plus payer leurs factures, les enfants se retrouvent sans eau, ni gaz, ni électricité. Akira tend alors une main vers l’extérieur, rencontrant l’aide de la collégienne, elle aussi marginalisée parmi ses camarades. Kore-Eda montre alors pudiquement l’éveil de l’adolescent à la sensualité, prémice à une cruelle désillusion. Saki ne trouvant d’autre moyen pour l’aider que de pratiquer l’enko kosai [2] pour récolter un peu d’argent, se fait brutalement rejeter par l’incompréhension d’Akira face à ce compromis vénal. Tranchant avec la conception occidentale de la nature de l’enfant, Kore-Eda montre que l’enfant recèle en lui la force nécessaire à son propre développement, sans même nécessiter d’apport extérieur.

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Benkei
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MessageSujet: Re: Nobody knows   Mer 12 Jan 2005 - 11:30

Bien que le regard critique du réalisateur n’épargne pas notre société hédoniste, à l’image de la mère frustrée par ses rêves de chanteuse, demandant à son propre fils si elle aussi n’a pas le droit d’être heureuse, le réalisateur évite tout manichéisme dans le traitement des personnages adultes. Du chauffeur de taxi, au patron de la supérette en passant par l’employé du pachinko (Kenichi Endo), aucun ne rejette vraiment les enfants, mais leur attitude signale une irresponsable indifférence qui s’avèrera tragique. Dans ses errances, Akira caressera un instant l’espoir, - admirablement mis en scène - au cours d’une partie de baseball improvisée, de se consoler d’un père absent, sentant les gestes attentionnés de l’entraîneur (Susumu Terajima) lui indiquant comment manier sa batte.

La réussite du film tiens autant à la mise en scène de Kore-Eda, dont la caméra-stylo filme au plus près l’émotion affleurant, qu’à la performance des jeunes acteurs dont l’inventivité et le naturel évoquent l’improvisation d’un Antoine Doisnel dans les 400 coups de François Truffaut. Avec Yagira Yuuya (distingué du prix d’interprétation masculine à Cannes), le réalisateur trouve un acteur au regard perçant dont l’évolution physique au cours du tournage est perceptible à l’écran (sa voix muant vers la fin du film), renforçant d’autant la force émotive de la démonstration. Les autres enfants complètent idéalement une distribution unique dont la mère, interprétée par l’animatrice populaire de télé japonaise, You, ici dans son premier rôle, insuffle une naïve indolence, rendant si délicieusement improbable ce cocon isolé, et coupé du monde.

Plus chronologique et linéaire dans sa narration que ses précédents, le film adopte le cycle des saisons pour décrire l’évolution de la vie du foyer. Néanmoins, Kore-Eda adopte une temporalité propre au monde des enfants, qui contraste avec le rythme de la vie trépidante tokyoïte. Là où certains n’y verront que longueurs, Kore-Eda dilate habilement le temps au coeur du foyer, des plans fixes suggérant un étirement temporel, afin de mieux évoquer la richesse et la volonté de prolonger cet état nostalgique du bonheur de l’enfance insouciante. D’une rare profondeur psychologique, Kore-Eda fait d’Akira le symbole du passage critique de l’adolescence vers l’âge adulte.

// Attention spoilers !

Comment réagir et exprimer la douleur de la disparition de l’être cher ? Confrontant le spectateur à ses propres souvenirs, Nobody Knows y répond par une formidable leçon de vie et de cinéma. Grâce à Saki, la collégienne solitaire ostracisée par ses camarades, qui à déjà fait l’expérience de la perte de l’être cher, et qui rentre peu à peu dans le cercle familial ; Akira pourra accomplir son devoir de deuil et d’introjection nécessaire face à une telle expérience (la mort de la benjamine). Kore-Eda filmant la mort sans la dramatiser, avec un naturel désarmant qui résonne au tréfonds de chacun de nous, comme un questionnement éternel face à notre incapacité à verbaliser l’inexprimable. Emmenant les deux adolescents dans un voyage nocturne, qui n’est pas sans évoquer celui de Nanni Moretti dans la Chambre du Fils, dont l’aboutissement du trajet nocturne symbolise l’unité retrouvée de la famille.

La caméra de Kore-Eda, emmenant Akira et Saki vers l’aéroport d’Haneda y ensevelir le corps de la soeur cadette dans sa valise rose, décrit un voyage qui est autant un passage qu’un rituel. Passage initiatique de l’adolescence à l’âge adulte vécu à travers la disparition de Yuki ; et rituel symbolisé par la caméra fixant les mains d’Akira dans la pénombre creusant la terre afin d’y enfouir la valise-cerceuil. Cet acte symbolique est une méditation sur notre rapport à la mort, mais aussi le prélude à un nouveau départ pour la famille en deuil, illustrée par la mélodie de Jewel, interprété par la voix douce et mélancolique de Tate Takako (jouant également le rôle de la caissière de la supérette).


Le choix de faire de Yuki le catalyseur de cette recomposition familiale insiste métaphoriquement, sur la perte de l’innocence. Yuki, la benjamine de quatre ans est la victime innocente de la démission parentale et sociale stigmatisant ce passage au monde adulte. Elle sera remplacée par Saki, qui permet ainsi à la famille de se recomposer dans l’espoir d’un nouveau départ. Le personnage de Saki, qui trouve auprès de ces enfants rejetés un double et un foyer capable d’accueillir sa propre différence sans la juger, est autant le témoin solidaire que la réponse de l’auteur face à l’aveuglement et l’aliénation de nos société contemporaines.

Nobody Knows est un chef d’oeuvre de sensibilité traitant avec une extrême pudeur des non-dits de l’enfance et de son aliénation au monde. Bouleversant de rigueur dans sa description de l’intimité, ce récit d’apprentissage, est un cri d’espoir et de souffrance muette, provoquant notre désarroi face à une société ivre de jouissance égoïste.
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[1] Il s’agit de l’affaire des quatre enfants abandonnés de Nishi-Sugamo en 1988. Ces enfants, qui vécurent ainsi six mois jusqu’à la mort de la benjamine, n’étaient pas scolarisés, et n’existaient pas légalement car leur naissance n’avait pas été déclarée.

[2] Littéralement "soutien financier à la sociabilité". Forme de prostitution pratiquée par certaines lycéennes, offrant leur compagnie pour une soirée, à des cadres stressés et autres hommes en manque d’affection.

source: sancho.does.asia

avis perso: pas vu mais j'espere reparer ca bientot.

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Sica
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MessageSujet: Re: Nobody knows   Mer 12 Jan 2005 - 12:45

Effectivement je suis tombée amorueuse de ce film... L'histoire est vraiment bien menée, on croirait assister à un docu fiction.. Les acteurs jouent à la perfection : même la mère, avec sa voix suraigue et ses réflexions de gamine, reflète bien le personnage... Les enfants jouent incroyablement juste et bien, mention spéciale à l'acteur qui joue l'aîné Akira, parce qu'il a reçu le prix du meilleur rôle masculin au festival de Cannes, c'est la que je l'ai vu pour la première et... j'avoue il m'a séduite, maintenant il a une voix magnifique et il est suepr beau lovely
Hum hum euu revenons au sujet principal... p-as
J'ai beaucoup aimé la prestation de la peitte Yuki, elle est adorable !!!! "Shiranai nooooo" ^^

On entre très facilement dans ce petit monde, et on subit nous même les injustices auxquelles sont confrontés les enfants ( dans la salle la femme à côté de moi n'arretais pas de pousser des soupirs d'indignation... lol). Je pense que chacun sera touché par la justesse de cette histoire, et petit à petit on voit l'aîné, Akira, sombrer et chercher par tous les moyens un peu de reconnaissance en dépensant par exemple le peu d'argent restant pour acheter des jeux vidéos et inviter des jeunes rencontrés par hasard... au détrimetn de la vie de ses cadets, qui vivent à présent dans un appartement où s'entassent les vetements sales et les boites de soupe instantanées... Chacun essaye de survivre à sa manière dans ce monde trop hostile pour eux...

C'est un film vraiment émouvant comme on en voit pas assez souvent, en tout cas Akira, Kyoko, Shigeru et Yuki resteront longtemps dans ma mémoire...

Si vous voulez verser votre larme, allez vite le voir (je ne sais pas si il est déjà sorti en dvd, en tout cas une salle près de chez moi le passait il y a pas longtemps, j'ai été très contente de pouvoir le voir ^^)
La fin est très triste gusun

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MessageSujet: Re: Nobody knows   Jeu 13 Jan 2005 - 1:04

Un des nombreux films que j'ai raté.. alors celui là je sais plus pourquoi je ne suis pas allée le voir... hum hum... enfin bon je voulais et j'ai aps pu.. arf.

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Sica
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MessageSujet: Re: Nobody knows   Ven 14 Jan 2005 - 19:10

AAAAAAAA rattrape ça viiiiiiite >_<
Il va surement te plaire en plus ^^

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MessageSujet: Re: Nobody knows   Ven 14 Jan 2005 - 20:27

Pas vu non plus,je sais qu'ils en avaient parlé au journal en même temps que le fait réel d'ou le film était tiré,ça a l'air poignant,faudra que j'essai de voir ça en dvd quand ça sortira.

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MessageSujet: Re: Nobody knows   Mar 18 Jan 2005 - 19:50

Surtout c'est un film à ne pas rater..; en même je passe un appel, si vous avez un enregistrement du passage de yuuya au festival de Cannes... *in luuuuuuuuuuuuv* p-as

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MessageSujet: Re: Nobody knows   Jeu 3 Fév 2005 - 21:23

Kyaaaaaaaaaaa!!!! yagira yuuya j'l'adore!!!! .iei
il est trop mimi!

Le film quant à lui est super aussi, un grand moment d'émotion jamais lourd, jamais lassant, qui ne s'embarasse pas de clichés inutiles!
Génial!
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PtiLapinou
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MessageSujet: Re: Nobody knows   Jeu 3 Fév 2005 - 21:23

Kyaaaaaaaaaaa!!!! yagira yuuya j'l'adore!!!! .iei
il est trop mimi!

Le film quant à lui est super aussi, un grand moment d'émotion jamais lourd, jamais lassant, qui ne s'embarasse pas de clichés inutiles!
Génial!
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MessageSujet: Re: Nobody knows   Dim 30 Avr 2006 - 10:26

Ce film est tout simplement magnifique^^
Il n'y a rien d'autre à dire.

Scénario et jeux d'acteurs geniaux!

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Lunaly
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MessageSujet: Re: Nobody knows   Dim 30 Avr 2006 - 14:41

En effet, "Nobody Knows" est un superbe film, j'ai eu une larme aux yeux gusun en sortant du ciné et en le revoyant en DVD. C'est très émouvant, les enfants interprêtent leurs rôles brillament. Pour ceux ou celles qui ne l'ont pas vu je leur recommande vivement.
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Tomoé
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MessageSujet: Re: Nobody knows   Mer 3 Mai 2006 - 15:14

Idem pour moi,je suis littéralement tombée sous le charme de ce
film splendide lovely .

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MessageSujet: Re: Nobody knows   Jeu 4 Mai 2006 - 20:50

Bonne nouvelle pour ceux ou celles qui souhaiteraient découvrir ce film la chaîne Canal+ va rediffusé le film dans le courant du mois de mai sur les différentes chaînes du bouquet Canal+. good1 yes
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Tomoé
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MessageSujet: Re: Nobody knows   Dim 7 Mai 2006 - 11:34

Et vlan ds mes dents pour moi qui n'a pas Canal +...bah pas grave
mais c'est tjs comme ça que ça se passe c'est-à-dire que the best
est généralement diffusé sur les chaines payantes,c'est injuste!!
gusun .

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MessageSujet: Re: Nobody knows   Mar 18 Sep 2007 - 23:42

Je l'ai vu quand il est sorti au cinéma donc ça fait quelque temps, je ne me souviens plus de tout (seulement des moments forts) mais j'avais également beaucoup aimé ce film même si assez triste d'autant plus que c'était basé sur des faits réels naku2 .
Il faudrait que je le revois...
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Nobody knows

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