Népal: beaucoup de libertés restent suspendues
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KATMANDOU (AFP) - Un jour après la levée de l'état d'urgence par le roi Gyanendra, les médias népalais ont continué dimanche d'être censurés, les manifestations interdites et de nombreux journalistes et hommes politiques détenus.
Le roi a levé samedi l'état d'urgence qu'il avait décrété en février lorsqu'il s'était emparé des pleins pouvoirs lors d'un coup de force afin, avait-il dit, de lutter contre la guérilla maoïste qui contrôle une grande partie du pays.
La décision, apparemment adoptée sous la pression internationale, a été annoncée au retour d'une tournée de neuf jours à l'étranger alors que l'on s'attendait à une prolongation de l'état d'urgence qui avait été imposé pour trois mois renouvelables. Mais de nombreuses libertés sont restées suspendues et la commission anti-corruption créée en février et dotée de pouvoirs étendus contre la classe politique traditionnelle reste en place.
Le roi avait renvoyé le premier ministre Sher Bahadur Deuba et son gouvernement et assumé les pleins pouvoirs le 1er février, accusant les partis politiques de ne pas avoir su en finir avec l'insurrection maoïste qui a fait plus de 11.000 morts depuis 1996. "Les droits fondamentaux n'ont pas été rétablis", a déclaré Sahana Pradhan, une dirigeante du Parti communiste du Népal unifié marxiste léniniste qui participait au gouverNement dissous par le roi le 1er février. La fin de l'état d'urgence "ne veut rien dire parce que les dirigeants de l'opposition sont toujours détenus", a-t-elle dit.
Le quotidien "The Kathmandu Post" de dimanche remarquait que "bien que sa majesté le roi Gyanendra ait levé l'état d'urgence, les restrictions imposées à la presse et aux activités politiques dans la capitale demeurent". Quelques heures après l'annonce de la fin de l'état d'urgence, la radio officielle a déclaré que l'administration de Katmandou avait interdit "les manifestations, grèves, rassemblements et grèves de la faim dans les zones sensibles de la capitale népalaise". Elle n'a donné aucune indication d'une levée des interditions destinées à "assurer le respect de la loi et le maintien de l'ordre".
Le quotidien a ajouté que outre "ces nouvelles restrictions des activités politiques, le gouvernement avait aussi maintenu les restrictions antérieures imposées aux médias" et imposant la censure pour six mois. La censure décrétée le 2 février interdit la publication d'interviews, articles ou commentaires "allant contre l'esprit et la lettre de la proclamation royale du 1er février et soutenant ou encourageant les activités des terroristes de manière directe ou indirecte".
Le vice-président de la Fédération des journalistes népalais, Gopal Budhathoki, a déclaré que des dizaines de journalistes et dirigeants politiques restaient détenus. "L'état d'urgence a été levé sur le papier mais pas en pratique. Les gens et la presse restent terrorisés", a-t-il ajouté. "Tant qu'il n'y aura pas de gouvernement démocratique et un rétablissement de la Constitution de 1990 (instaurant une monarchie constitutionnelle), les gens ne se sentiront pas en sécurité", a-t-il dit.
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